États généraux du multilinguisme dans les Outre-mer 2021

 États généraux du multilinguisme dans les Outre-mer 2021

Contexte

La France connaît une riche diversité linguistique. Le rapport « Les langues de la France » (1999) de Bernard Cerquiglini recense 75 langues, parmi lesquelles près d’une soixantaine sont parlées dans les territoires des Outre-mer.

À l’exception de Saint-Pierre-et-Miquelon qui ne connaît pas d’autre langue que le français, les autres territoires d’outre-mer sont tous bilingues ou multilingues, avec des situations très divergentes d’un territoire à l’autre : si la Martinique ne connaît qu’une langue locale, le créole martiniquais, la Guyane en compte une quinzaine et la Nouvelle-Calédonie une bonne trentaine.

Cette réalité linguistique est peu connue en France métropolitaine. Pourtant, les langues ultramarines sont couramment pratiquées dans la vie quotidienne, familiale et sociale. Dans les territoires d’outre-mer, le français n’est pas toujours la langue maternelle des populations, c’est même parfois une langue que les enfants découvrent lorsqu’ils débutent leur scolarité. Cela soulève de nombreuses questions sur la place que les langues locales devraient avoir dans le système éducatif et dans l’espace public.

La Constitution, et notamment ses articles 72-3, 73 et 74-l, en reconnaissant la spécificité des Outre-mer, offre un levier pour prévoir des dispositions spécifiques en faveur des langues régionales dans les Outre-mer.

Par ailleurs, la loi n° 2021-641 du 21 mai 2021 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion offre des perspectives inédites pour donner plus de place à ces langues dans l’enseignement et les services publics.

Tenant compte de ces spécificités, et dans l’objectif de mettre en place une politique linguistique adaptée aux territoires ultramarins, le Ministère de la Culture a souhaité organiser une seconde édition des États généraux du multilinguisme dans les Outre-mer (EGM-OM), dix ans après ceux de Cayenne.

Réalisés en étroite coopération avec le Ministère des Outre-mer et le Ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, les EGM-OM se dérouleront du 25 au 28 octobre à La Réunion.

Dix ans après les premiers États généraux du multilinguisme dans les Outre-mer organisés à Cayenne en décembre 2011, qu’en est-il de la situation linguistique actuelle dans les territoires ultramarins ? La déclaration de Cayenne, avec ses 99 recommandations, a-t-elle été suivie d’effets ?


Organisateurs : la seconde édition des EGM-OM est organisée par le Ministère de la Culture, en coopération avec le Ministère des Outre-mer et le Ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports. Cette dynamique interministérielle a permis un travail fourni sur le contenu des EGM-OM.


Objectif : mener une réflexion collective avec l’ensemble des acteurs concernés par les enjeux linguistiques dans les Outre-mer, dans le but d’affirmer une politique linguistique favorable au multilinguisme dans l’éducation, l’espace public et les différents domaines de la vie sociale et culturelle.


Dates et lieux d’accueil : du lundi 25 octobre au jeudi 28 octobre 2021. Ces dates coïncident avec la journée internationale de la langue et de la culture créole (célébrée le 28 octobre). Les EGM-OM se dérouleront dans plusieurs lieux culturels emblématiques de La Réunion : le Centre dramatique national de l’Océan indien (Saint-Denis), le MoCA (Saint-Denis), la Cité des Arts (Saint-Denis), le Musée Stella Matutina (Saint-Leu), le Téat Champ-Fleuri (Saint-Denis), le Téat Plein Air (Saint-Gilles).


Participants : 200 participants sont attendus, originaires de tous les territoires ultramarins et de métropole : représentants de collectivités territoriales d’Outre-mer, d’organismes compétents pour les questions linguistiques, d’universités, d’établissements scolaires, d’établissements culturels, du secteur associatif, etc.


Thématiques : les EGM-OM s’articulent autour de trois grands axes (1. l’enseignement des langues locales et du français comme priorité d’une politique des langues de France ; 2. le patrimoine, la création et la diffusion en langues locales ; 3. les langues locales dans la vie sociale, administrative et économique, et dans la santé publique) déclinés en 6 conférences plénières et 16 ateliers thématiques.

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